Du Souffle

solitude jouir chaud du ventre confettis de lumière derrière les yeux seule permanence de ce monde solitude je t’adore marées du centre vers les extrémités je peux rester au fond à descendre encore dans la croûte terrestre ah non je préfère rester là où je suis descendue gris-bleu rayons égarés dernières couleurs du spectre presque atones regarder les petites bonnes choses leurs yeux grand ouverts les égarent

yeux phosphorescents retour au chaudron magique je peux aller partout mon cœur est avec moi tu sens la sauge l’alcool et le foin qui a brûlé dans les coins tes orbites flamboyantes d’été c’est encore et toujours l’été fourrure dorée ta peau de prune en avant sur les ponts tu sens si bon une nation de carne ta peau à délices ton eau de calice le beau remue-ménage de gaieté c’est pénible et exaltant vagin incandescent dans le moment des bonsoirs retour au chaudron magique dans cette foule de chair traversée par ton aura

je peux jouer à être hibou écureuil panthère nébuleuse oiseau de paradis chauve-souris poulpe minuscule se glissant dans la fente koala ver luisant cygne trompette étoile de mer désordre dans le sang je veux danser je m’assois sur les perles coton nacré froufrou des soies qui attendent froufrou du soir qui se fend déchirement léger papier journal cadeau rapide et  mèche remise en place timides joues rosées romantisme malgré lui-même gelé dans le corps des gelées de gélatine molle triturées dans la cohue émotionnelle sentinelle des marioles se prendre encore une fois pour ce qu’on ne fut jamais remettre en place les cheveux dérangés la peau dérangée encombrée laisse ton corps défends détends défends détends défais tes lacets tes dentelles tes rubis con ajouré lampe flottante sur feu de lait allez jeunes gens partez dormez sur les trottoirs les bancs sous les arbres fluently speaking with silence in the dead

in the head pleine lune féroce griffue montante en cavale avalant ses ressorts émotions pointues menteuse envie d’en découdre détruire dans le sang infernale déstructuration lamentable loue-garoue tordue de vent et de sel steppes férales ville maudite yeux blancs à crocs de clou suant ses humeurs peau pincée monstresse entre deux ongles bavant purulant luna capriciosa pizza encore un soir passion triste chahut des poubelles fleur d’égoût dancing in the dark aux étoiles cabrées hystérie raisonnablement larvée éventail à flottement créneau poussée des flots estomac concret béton

jour rouge cannelle mandarine et citron clous de girofle charbon bois crépité dans la rue flots incarnation mes cinq sens ta présence physique mon attachement karmique à la vie à la vie matérielle à ce corps-ci ta peau encore sous moi je me suivrai je me suivrai dans le flot des trottoirs apaisée pour toujours désormais encore un toujours jamais respire respire respire désolation solitude les arbres au sommet étourneau sansonnet saisonnier chanson déplacée trilles quadrangulaires tige électrique le son de l’éclair en plein jour ton cœur dit qu’il rappellera

désespoir et moi assis sur un banc regardons passer les faisans dorés de l’habitude les fêtes c’est pour bientôt la célébration ingénue les petites lumières les pommes et les promesses je n’attends rien que dieu il se lève et son système m’emporte dans son chant

musique des sphères vraiment doucement

j’ai rêvé de trois minuscules bébés tigres dormant contre ma poitrine sous mon pull disparus peut-être rentrés dans ma peau descendus dans mon ventre ils étaient si petits qu’on pouvait les perdre de vue me dépêcher de regarder les gens ce vieux aux cheveux blancs à rouflaquettes flottantes le libraire m’offre le chocolat chaud duffle-coat à corps et à cris

les journaux couloir d’ombre gilets jaunes israël pandemonium gris vélos volés robe de chambre délavée le joug des jours la douceur par à-coups me brancher au maximum des idées de grands dessins un mur plein attendant blanc main cueillir barbe glissando fleurs de joint créatures invisibles l’impensé le verbe la calotte la tête de dieu la main la main la main un abracadabra câlin c’est toi oui c’est lui c’est moi ecce aurum l’arc-en-ciel des besoins pyramide de verre sous une eau glauque et intermittente

un projecteur pour me faciliter j’ai encore rêvé me faciliter la vie jouer jeu de courage foutre à rebords m’amuser m’user l’âme à tirer envie aux autres de foire résultat les jeux sont faits hibernation creuse vide ronflant fort faisant trembler les murs parois d’ombres mains rouges et petites femmes rotondes girondes catacombes de bois de rennes à joujoux de poulet rôti au four à micro-ondes galactiques perçant les épines dorsales bufflonnes coniques burin silex doigt gris et noir charbonneux yeux fermés cris dans le noir en colonnes de fumée sous la surface crier pour avancer se diriger à l’étoile de la vox populi opulente fleurs farcies cramoisies moissonnent les cornes de gazelle les mammouths à clientèle on se presse dans la grotte on se serre l’hiver est à nos portes

molle sans libido la fée hurlait bidon la faute à vénus en capricorne mais regarde les petites chèvres bébées la bonne méthode m’ennuie et rebute mon prochain je cavale à la licorne partager et donner envie au fond de moi punie punie par l’école merde vrai plaisir tout le monde s’enfuit pendant que je grogne kangourous dans les arbres et les petites maisons vifs adorables drôles petites chèvres drôlatiques grimpette en musette

salopette encore une frotte recharge ton puits d’amour à la salle de sport aujourd’hui ça fait longtemps les ocelles panthère poisson papillon j’ai lutté hier j’ai mal au ventre au dos aux aisselles eunuque ils veulent que je devienne chiffe molle sans libido fée invisible incolore insipide le parfum de dieu en librairie à cinquante pour cent moi son diffuseur petit porte-encens plus les choses passent à la conscience plus elles noient leur ombre en ombrelle de plage sortir du flou pour entrer dans la foule refoulant écarlate clarté progressive au soleil qui se lève belle clarté d’aube beau soleil c’est lui le sourire le sourire et son reflet la même matière divine subtile ancolie boisé d’y avoir passé la soirée pas d’économie d’expérience incongrue enfouie ça travaille bien là-dedans médecine indienne ma coupure d’encre refaire le plein de piquets dormir encore yeux qui piquent salle de sport qui pue les pieds me faire sentir coupable respire ta destinée

laisser mûrir une bonne idée violence vite vite nature le premier truc à prendre à sec aujourd’hui je me mêle je crève la dalle les intempéries foin des bocs et de la limonade je vais sauter à l’accolade embrasser la sultane ma chatte vite vite au saut du lit défaite des limbes créer l’envol

ascenseur b ascenseur bloqué censeur remémoré laisse le passé là où il est nulle part interminé interminablement délivré de la délivrance laissé à soi ver à soie des années cheveux filandreux haricots blancs petit œil noir au centre du nez qui te regarde d’un air rusé petit filou où espères-tu te cacher nulle part dans les néants dans les nez du pied de la danse de satan dont l’oreille est cassée que va-t-il arriver rien la même chose que toujours tout le temps et partout en même temps dans le creux des années entre deux temps entre deux bouffées de vent

(extrait)
(à lire à haute voix pour le maximum d’effet)

%d blogueurs aiment cette page :